
La vitesse du temps n’a jamais satisfait personne … Trop vite, ou pas assez, et quelque soit notre avis, il change et détermine nos états d’âme ou notre comportement par rapport aux événements.
Un petit constat qu’il est (je trouve) temps de tirer après un peu plus de 19 ans de vie. J’ai vécu des moments où j’aurai voulu que le temps s’accélère, pour passer un moment désagréable, une épreuve, un coup dur ou pour oublier, et d’autres moments où j’aurai voulu qu’il soit lent, qu’il s’arrête presque, pour profiter de la présence de quelqu’un ou d’un moment partagé, d’une émotion ou d’un sentiment particulièrement rare et intense que l’on peine à retrouver par la suite …
Un des faits marquant où j’aurai voulu que le temps s’accélère, file, jusqu’à arriver à l’instant T, c’était lors d’un séjour à la mer (ouais, ça fait super « gosse gâté pourri » … Le mec il est pressé que ça s’arrête) pendant lequel ma maman m’avait particulièrement manqué (coup des vacances alternées … je ne dois pas être le seul à connaitre). Pourtant, la mer était parfaite : salée, chaude, mouillée (hum …). Le sable tout autant. J’aurai pu, en d’autres circonstances, souhaiter m’y prélasser pendant des semaines, avec les rayons du soleil, le vent et le clapoti de la mer comme seuls compagnons.
Le seul hic, c’est qu’elle n’était pas là, que j’étais loin, très loin même, mais pas assez pour ne pas y penser, comme je l’avais fait durant d’autres voyages beaucoup plus longs … C’est dans ces moments là que vous extirpez de votre cerveau les 1ère règles d’horlogerie apprise en maths pendant votre année de CE1 et que vous vous attelez à compter les jours, heures, minutes et secondes qui vous séparent du retour et des retrouvailles (étonnant de voir comme ces deux mots sont proches).
Il subsiste des exceptions qui vous font oublier votre décompte, qui vous reboostent complètement … Pour ma part ça a pu être une journée dans un parc aquatique, ou encore une longue ballade autour du port qui a été l’occasion de partager une glace, sublimant ainsi le moment père-fils.
J’ai bien conscience que le fait de manquer de l’un ou l’autre de ses parents est quelque chose qu’on apprend à domestiquer mais qui laisse des traces. On apprend très vite à cacher ce manque là pour ne pas faire de peine à celui avec qui l’on est, on apprend très vite à domestiquer ses émotions et ses états d’âme, et on sait aussi que culpabiliser ne sert à rien, mais ça, je n’ai toujours pas trouvé le moyen de m’en empêcher, si ce n’est celui de m’être installé chez moi par la force des choses et ainsi de ne plus avoir à choisir.
A l’extrême opposé, il y a le temps qui file. J’aurai des tas d’exemples … Les après midi, lors des week-end, à flâner dans mon quartier il y a quelques années, qui, même s’il y en a eu des dizaines, sont toujours passé trop vite.
Les repas chez mes grands-parents aussi, mais ça on s’en rend compte après, quand l’un d’eux vient à disparaitre.
Le temps de l’enfance qui lui aussi a filé sans que personne ne s’en aperçoive. C’est souvent ça d’ailleurs, un petit élément vous réveille soudainement, et on vous l’annonce officiellement : « Hé, t’as 17 ans passé, t’es plus un gosse là ! » Ah bah oui merde, demain j’ai 18 ans, et boum, là t’as compris que ton adolescence, c’était juste le fait que tu as pris toutes tes décisions en enfant mais que tu as tout voulu justifier comme un adulte, avec la même légitimité, sauf que tu n’en as aucune …
Je donnerai cher pour revivre (enfin je dis ça aujourd’hui, l’état d’esprit doit lui aussi être le même) un de mes samedis lors des week end chez ma mère étant petit : Power Rangers à la télé, flâner avec un énième bol de céréales à moitié finit, manger des steaks hachés au déjeuner, jouer au Playmobil avec les voisins tout l’après midi … Tout ça c’était vraiment du bonheur ! Pas dans la valeur de ces choses là qui finalement nous poursuivent sous d’autres formes avec nos grasses mat’ interminables, nos bols de céréales toujours aussi désespérément inachevés et nos consoles qui ont remplacés les Playmobil … Mais c’était le bonheur de l’insouciance, aucune de ces choses n’était là pour l’éveil, la prise de conscience que la vie c’est du temps qui passe et qui joue contre nous.
Je sens venir les questions du « pourquoi cet article ? ». Simplement parce que c’est ce qui symbolise le mieux mon état d’esprit actuel, et celui que je retrouve dès que je quitte (attention, ce n’est pas perdre) mes repères, que je change de mode de vie pour un certain temps, ou encore lorsqu’on vient chambouler mes habitudes. Comme je l’ai dit dans mon article de « nouvel an« , le premier du blog donc, les fêtes de fin d’année indique, pour moi en tout cas, un dépaysement total en pays différent (pour ne pas dire pays ennemi … On ne fait pas que ne pas me comprendre, on veut aussi me faire changer vers la norme établie pour ces indigènes). (Lire la suite…)